jeudi 30 mai 2013

UN CREDO POUR LES MEDIAS


La National Security League est une ligue qui s’est formée aux Etats-Unis  depuis le début de la première guerre mondiale et qui s’est donné comme but de veiller à la sûreté de la nation américaine en veillant sur le loyalisme de ses nationaux.

Indignée par le langage des journaux allemands qui se permettaient de critiquer les positions américaines face à l’entreprise criminelle du kaiser, elle rédigea un credo ainsi conçu et l’adressa à chaque directeur de journal allemand et à chaque président de club allemand des Etats-Unis avec prière de bien vouloir y apposer sa signature.

·        Je crois que les buts de l’Amérique dans cette guerre sont nobles, désintéressés, et fidèles aux plus hauts principes de la morale et de la religion.
·        Je crois que les buts de l’Allemagne dans cette guerre sont sordides, égoïstes et opposés aux principes de liberté humaine.
·        Je crois que les déclarations du kaiser et de ses ministres dans cette guerre ont été fausses et hypocrites.
·        Je crois que les méthodes du gouvernement allemand dans cette guerre ont été brutales, barbares et révoltant la pensée humaine.
·        Je crois que la préservation des libertés humaines et des idéaux de la Civilisation dépend de notre victoire dans cette guerre.
·        Je crois que la paix du monde ne peut reposer sur un contrat passé avec des parjures et que le souci de notre propre préservation exige la disparition permanente de la dynastie actuelle allemande.
·        Je crois que la guerre doit continuer jusqu’à la victoire militaire remportée par nos alliés et nous ou jusqu’à la révolution accomplie par le peuple allemand.
·        Je crois qu’il ne peut y avoir de loyauté mitigée à l’égard des Etats-Unis et que ceux qui n’approuvent pas la guerre du fond de leur cœur ne peuvent pas être loyaux.

On dit que trois ou quatre credos furent signés ; le plus grand nombre furent retournés non signés, avec une lettre hypocritement indignée (sic) : « vous nous insultez en doutant de notre loyauté… »…  plusieurs contenaient des injures pour le président des Etats-Unis, ce qui incita la NSL à communiquer à la justice les lettres d’injures et à communiquer au public certaines réponses.

Quand un pays se trouve menacé dans son existence en tant que pays, quand il est livré à la prédation, aux tentatives d’expérimentation de toutes les forces rétrogrades, quand ses richesses sont convoitées, quand son peuple est incité par toutes les formes sournoises de subversion à exiger tout et immédiatement sous peine de nihilisme, quand l’incivilité atteint les seuils intolérables du refus d’un Ghrib de se plier à un rituel consacré par la République, quand les faux dévots de tous acabits arrivent à y avoir droit de cité pour y diffuser leurs fatwas sataniques ou y exercer leurs pratiques charlatanesques, quand la presse se fait relais de tout ce qui s’oppose aux intérêts du peuple et du pays, qu’elle défend non pas le travail mais la grève même injuste et injustifiée, qu’elle fait de petits voyous de bas quartiers des héros, quand elle ouvre ses pages aux pires activistes et ignore l’écrivain, l’acteur, l’artisan, le poète et l’artiste,   le sens patriotique doit nous inciter à faire comme cette Ligue et à diffuser notre crédo pour obliger nous aussi nos journaux à souscrire au devoir de fidélité au pays… Un devoir de fidélité qui doit imposer à toute publication de placer l’intérêt de la Nation au dessus de toute autre considération...

Un credo qui doit exiger de tout journal, de préférer à la Démocratie et aux Droits de l’Homme tels que conçus par l’Occident, la pérennité de l’Algérie… car la Démocratie et les Droits de l’Homme peuvent se reconstruire  quand le socle géographique et social est préservé tandis qu’un pays disloqué l’est généralement pour l’éternité.

Nous avons toujours eu un faible pour l’American Way of Live… depuis Buffalo Bill jusqu’à Schwarzeneigger puissions nous, sur notre lancée, pouvoir adopter les grands principes de loyauté et de fidélité que les Américains ont ancrés, souvent par la force, à tous ceux qui se sont mis à l’ombre de la bannière étoilée afin que nous en finissions avec tous ces parasites qui broutent allègrement « el gahalla » tout en n’arrêtant pas d’insulter « el Mella »…  


mercredi 22 mai 2013

OU VA… LA TUNISIE ?



 Comme L’eau et le feu, la politique doit absolument être gérée et maîtrisée pour ne pas engendrer des catastrophes… C’est pour ça que les pouvoirs temporels doivent lui prévoir balises, garde-fous et codes de conduite et l’empêcher, sous peine de crises fatales de se revendiquer du pouvoir intemporel, car par ses imprécisions et la profusion de ses interprètes, ce dernier permet de faire les lectures qui arrangent le mieux les intérêts ou les pulsions de ceux qui lui font obédience ou qui, suprême prétention, en arrivent à prendre sa défense…

Tout comme une eau qui n’est pas canalisée ou un feu qui n’est pas surveillé, un mouvement politique qui est livré à lui-même dépasse inévitablement ses limites, déborde fatalement ses initiateurs et finit, en se nourrissant de ses propres surenchères, à s’amplifier à la démesure, bousculant sur son passage ses principes initiaux, développant même à leur encontre une adversité beaucoup plus féroce que celle qu’il vouait à ses ennemis traditionnels dont il affirme s’être constitué en contrepoids pour en juguler l’influence ;  juste pour ne pas avouer qu’il s’est imposé rédempteur  pour les exclure d’un paysage politique qu’il ne peut concevoir que monochrome…

Ce qui est vrai pour le particularisme religieux en politique l’est aussi pour le particularisme racial, linguistique ou culturel.

En politique comme en toute chose, il n’y a pas de génération spontanée… Un mouvement nait ou dérive toujours d’un autre et très souvent lui succède en effectuant   ce qu’on pourrait appeler un parfait « particide »…

Le FIS en Algérie est le rejeton d’une tendance bigote du FLN… les mouvements violents qui lui ont succédé proviennent tous de son giron… et le drame en la matière, c’est que chaque nouvelle génération d’exaltés se fait forte, non pas de tempérer les ardeurs héritées de son géniteur mais de s’efforcer à les renforcer car il est dans la logique des mouvements exclusivistes de surenchérir dans l’extrémisme…

Il en aurait été  du FIS comme d’Ennahda mais l’Algérie n’est pas la Tunisie et la conjoncture du siècle dernier n’est plus de mise…  

Le parti de Ghannouchi qui affiche aujourd’hui des volontés de démocratisme  pour montrer ses bonnes dispositions à une communauté internationale seule capable de lui garantir les possibilités de gouvernance, très limitées par les contraintes moralisantes qu’il a dû revendiquer pour mieux mobiliser,  se retrouve pris au piège de ses surenchères. Il  doit oublier ses griefs contre les ennemis qui lui donnaient du blé à moudre pour ses prêches car un front autrement plus fatal, sorti de ses flancs, s’est ouvert dans ses propres plates bandes pour lui faire rendre gorge devant ses louvoiements et ses hésitations que ses soldats acharnés considèrent comme un déviationnisme… Il se doit aujourd’hui de ramener à la raison les extrémistes de sa mouvance  qui ne comprennent plus comment ce parti qui a toujours prêché  l’irréductibilité, se retrouve à troquer son gant de fer contre un gant de velours  et à vouloir traiter avec ceux contre lesquels il  n’a jamais cessé de mettre en garde : laïcs, athées, socialistes… et toutes les autres composantes de la société dont il n’a jamais arrêté de présenter les différences autrement que comme hérétiques adversités...

Mais si pour la mouvance religieuse algérienne il y’eut un sursaut salutaire  qui a réussi au prix d’une incommensurable tragédie à démontrer, par une résistance acharnée d’un peuple et d’un Etat  que le  projet exclusiviste n’est qu’un vœu trop pieux pour être réalisable,  le pouvoir ou ce qui en reste, en Tunisie (et en Egypte), n’a retenu du drame Algérien que la peur de se voir projeté dans la confrontation…

Ne pouvant s’opposer frontalement aux islamistes soudés par les années d’activisme underground qu’il tolérait pour faire capoter tout projet démocratique, ce pouvoir oligarchique nécrosé abdiqua sans laisser d’alternative susceptible de contrebalancer la déferlante intégriste. Convaincue  par les stratèges imberbes d’outre méditerranée et les prêcheurs de tous poils d’un wahhabisme devenu très entreprenant, que la théocratie politique pouvait se dissoudre dans la démocratie ou être réduite par sa mise à l’épreuve, un peu comme le soutenaient chez nous certains adeptes de la régression féconde, les forces sociales (et les forces armées) furent tentées de jouer le jeu…

Elles se retrouvent aujourd'hui prisonnières d’un cruel dilemme…  choisir entre l’expectative suicidaire face au chaos d’une guerre islamo-islamiste qui plongera le pays et la sous-région dans une instabilité politique, sociale et économique dont il est facile de deviner l’ampleur, la durée et les dégâts ou défendre paradoxalement une légitimité  républicaine incarnée par ceux là mêmes qui déclarent la démocratie kofr et qui n’ont accepté de jouer son jeu que parce qu’ils savaient le pouvoir à portée d’urne, en respect d’un de leurs principes les plus opportuniste qui légalise les moyens pour aboutir à une fin désirée : « li edharourati ah’kam ! »…

Il reste bien sûr une troisième alternative : celle du pronunciamento et du recours à l’ordre kaki pour en finir avec le désordre en kamis… et il n’est pas certain qu’elle soit vue d’un mauvais œil par un peuple qui a eu tout le loisir de comprendre que la liberté débridée ne fait pas autant le lit de la démocratie que celui de l’absolutisme ou de l’anarchie…

C’est peut-être le moindre mal qui attend la Tunisie.


mercredi 15 mai 2013

LA RECREATION DES CANCRES A TROP DURE



L’affaire Ghrib est symptomatique de notre chute libre dans les abysses de la médiocratie…

Ghrib c’est qui ? Ghrib c’est quoi ? Ghrib, c’est un spécimen de ces parvenus qui, ont squatté l’espace public alors  que leur dimension réelle ne devait pas déborder d’un pâté de maisons dans le quartier où ils jouent des mécaniques ou… aux dominos.

Le pays qui a enfanté Boudiaf et Benmhidi, Djamila Bouazza et Louizette Ighilahriz est tombé bien bas en laissant s’imposer  ces Belhadj ,  Ghrib, Meriane et autre  Fayçal …
Les dignes oiseaux s’étant envolés, le triste hibou est resté à tournoyer dit à peu près un des proverbes blasés de notre terroir  malmené…

Ainsi en ce pays devenu celui des miracles à rebours après avoir été celui de l’abnégation, de  l’héroïsme et du sacrifice,, on doit se faire aux métamorphoses les plus incroyables, aux mutations les plus saugrenues et   voir notre quotidien pollué par les portraits de « fatcha » des parvenus qui n’ont qu’un seul mérite : celui de ne pas s’embarrasser de gêne…

Dans mon village, à la campagne, on dit de ces gens là qu’ils se sont lavés le visage à l’urine… et un bon mot arabe affirme avec raison  que si tu n’as pas honte tu peux faire ce que tu veux… 

Sortis du néant, ces messieurs-dames se sont faits des noms propres alors qu’ils étaient moins que communs et ont réussi à se doter d’une popularité qu’envieraient des hommes de la trempe de Lalmas, M’Hamed Yazid, Chaou Abdelkader ou Abderrahmane El Djilali… sur les pages indigentes d’une presse qui sait s’abaisser bien bas pour cueillir les dividendes de ses impérities et qui cultive la médiocratie et le populisme jusqu’au nihilisme, on n’arrête pas de se retrouver en face de leurs portraits en une et en gros plans, de leurs dérives discursives et de leurs coups de gueule qu’ils administrent au pays comme des coups de crocs de loups enragés ou, pour dire plus vrai, des coups d’incisives ou des horions d’ânes laissés sans attaches…

N’ayant aucun faire valoir physique, intellectuel, patriotique, sportif ou culturel ; ces gens qui étaient destinés à occuper des places communes sur les trottoirs ou les bancs publics se sont hissés à la tribune d’honneur, non pas en servant ce pays et son peuple ou en développant quelque méritoire et original projet mais seulement en usant de fronde, d’incivisme, de refus de se plier aux règles communes et en manipulant des affidés, prédisposés à enfourcher tout canasson susceptibles de les mener sur les champs de bataille religieux, sportifs ou syndicaux où ils pourraient libérer leur violence potentielle et leurs pulsions destructrices.

Ils ont appris à parler si fort qu’ils ont réussi à éclipser toutes les voix de la raison… ils ont appris à gesticuler si furieusement qu’on ne voit plus derrière eux battre les enclumes de l’effort méritoire,  se déployer le geste auguste du semeur ou se crisper sur la crosse du fusil la main de la sentinelle…

Mobilisant leur verve langagière ou les attraits des liasses d’argent sale de la contrebande ; des passe-droits, de la corruption, du racket, de la spéculation, de la contrefaçon, ils ont réussi à envoyer sur tous les fronts de tous les combats douteux,   les grandes gueules et les gros bras qui leur font place nette en excluant  les gens de mérite,  pour leur ériger des statuts de leader dans des associations qu’ils transforment en chasse gardées dont ils se font les parrains.

Pris à leur propre jeu, ces hommes et femmes prolifèrent comme des poux quand la République, prise dans des tourbillons autrement plus décisifs oublie de s’ébrouer pour se débarrasser de ses parasites…  

Se croyant parvenus, il n’hésitent pas alors à défier l’Ordre républicain, à s’opposer frontalement à ses représentants, à faire la nique aux institutions quitte à mettre en péril la cohésion sociale et à générer des antécédents qui ouvrent la voie aux aventures les plus tragiques…

Il est temps que ces aventuriers de bas étage quittent les tribunes d’honneur et remettent les clés usurpées à ceux parmi nos hommes d’honneur qui méritent de les avoir en main… la récréation des cancres n’a que trop duré !

jeudi 2 mai 2013

LES COLONNES DE LA DESESPERANCE



En cette terre des passions exacerbées, nous serions donc condamnés à ne supporter que l’insipidité des écrits obséquieux des thuriféraires attitrés, les complaintes affectées des bigots patentés et  les persiflages venimeux des chroniqueurs insatisfaits! 

Tout ce qui se fait est idéal pour les premiers. Les mains disposées à la claque, le verbe ridiculement précieux, la rime haute, ils  chantent à tous les tons les mérites du cavalier du moment… Ces gens là peuvent, toute honte bue, et selon l’air du temps, adopter le principe et son contraire.  Ils ont applaudi le socialisme et quand le socialisme fut décrété mort et enterré, ils ont été les premiers à cracher sur sa tombe pour se faire chantres du  libéralisme hybride qui l’a remplacé… On les croyait  engagés corps et âme dans le parti unique qu’ils défendaient avec un militantisme zélé  et une conviction enragée hors, ne les voilà t’il pas qui se sont égaillés aux premières secousses qui ont ébranlé l’ unicité de pensée dont ils assimilaient la transgression à un effroyable polythéisme, pour s’insérer avec un bel entrain dans ce multipartisme débridé, qui a trouvé brusquement grâce à leurs yeux et qu’ils ont investi frénétiquement pour se caser dans les chapelles de l’opportunisme, du verbiage et de la phraséologie… Cherchant, sans trop s’en faire pour son idéologie, la chapelle qui leur donnera l’illusion de cette grandeur qu’ils n’ont pu acquérir par les mérites qu’ils n’ont jamais eus et les œuvres qu’ils n’ont jamais accomplies…

De l’autre côté, les éternels aigris, la plume trempée dans le fiel de la forfaiture et de la perfidie, l’arrogance hissée en étendard, la suffisance suintant de leurs rictus éditoriaux, manient le verbe comme d’aucuns manipulent les fioles de poison… A l’affût de tout ce qui se chuchote ou se murmure, ils montent les ragots en épingles, comme des mégères sournoises et en font des montagnes de scandales, n’hésitant pas à inoculer à l’anodin la touche de sensationnel qui le pimentera pour l’aider non pas à se faire avaler par les masses lassées par ces traquenards récurrents mais plutôt à se faire exploiter par les médias du Golfe, du Makhzen et les défaiseurs d’opinion d’un Occident qui n’ont jamais digéré les grands défis que leur a imposés et leur impose encore ce peuple imprévisible et rebelle, qui réussit à échapper avec une désinvolture en bras d’honneur à tous leurs sordides plans de dislocation, de partition et d’implosion.

Confortés dans l’impunité par leurs employeurs d’outre-mer et heureux de se faire applaudir leurs coups de gueule comme des toutous fidèles, soucieux de plaire à leurs maîtres, ces mercenaires de la plume, ne s’embarrassent d’aucun scrupule pour mentir, médire,  diffamer, insulter à longueur de colonnes dans des journaux devenus littéralement des chevaux de Troie de la subversion et de la désinformation… rien ne trouve grâce à leurs yeux  et tout la décision algérienne est suspecte, toute la gouvernance est louche, toutes les valeurs révolutionnaires ne sont que cinéma, toutes les options fondamentales hypocrisies,  toutes les constantes paralysies tous les discours démagogie, toutes les réalisations du « pipi de chat », toutes les projections des tape à l’œil… plus politiques que les politiques, plus revendicatifs que les manifestants qu’ils encadrent, plus sécessionnistes que les héros surfaits qu’ils inventent, ils se sont tellement autosuggérés l’infaillibilité qu’ils ont fini par se croire détenteurs de la vérité infuse… 

Ces gens là cultivent les désespérances en croyant défendre l’espoir… ces gens là diffusent le venin mortel du doute et du scepticisme et minent chez notre peuple sa juste conviction de sa grandeur pour lui faire ravaler sa fierté méritée, ces gens là poursuivent par l’arme des mots ce que leurs maîtres d’hier ont vainement tenté par le cuir des fouets, les crosses des fusils et la dynamo de la torture…

Il ne vous arrivera jamais de lire dans leurs feuilles noircies de dérision haineuse, le moindre entrefilet sur nos mérites car nous n’avons à leurs yeux aucun mérite… leurs journaux sont devenus des recueils de faits divers de nos méfaits, des murs de lamentations pour nos pleureurs, des tribunes pour n’importe quel coupeur de route ou amuseur de foules, des réquisitoires permanents contre nos institutions et nos gouvernants.
Entre thuriféraires et critiques, une autre race de grenouilleurs exploite le miel fade des premiers et le fiel perfide des seconds pour rejeter en bloc tout le monde et s’en remettre à Dieu… mais non pas à ce Dieu de nos ancêtres auquel nous avons toujours accordé notre foi bourrue, naïve et sincère… non !... un dieu vindicatif qui les aurait pris comme intermédiaires pour nous montrer le nouveau chemin qui doit nous conduire à sa félicité… un chemin où la forme prime sur le fond, où le kamis fait le croyant, où la marque sur le front est exhibée comme certificat de piété, où une religion universelle est réduite à servir de refuge au clan et à la secte, où la tolérance d’un Dieu Clément et Miséricordieux a laissé place à l’exigence des pires tourments ici bas pour une promesse d’Eden dans l’Au-Delà, où la rapine se justifie par le butin de guerre, où la transgression des lois et le refus de l’autorité se justifient par l’accusation de mécréance, mais où les mœurs se font permissives à coups de décrets religieux et où le commerce  se fait bazar pour ne pas avoir à rendre compte de ses pratiques aux antipodes de la morale…

Ceux-ci aussi ont développé l’information qui sert leur cause… Des imams du qalam font feu de tous bois pour réinstaller les pratiques médiévales réfutant à la Science ses progrès et incitant au retour vers les incantations pour remplacer les thérapies modernes et vers les exorcismes pour rejeter les divans des psychiatres, réinventant Satan pour l’inculper de toutes nos turpitudes…

Ce peuple si riche de sa diversité ne mérite pas cette presse qui ne lui donne d’alternative à  la brosse à reluire que  la carde qui lui lacère sans relâche le corps et l’esprit…

Ce peuple est riche de ses poètes qui ne cherchent qu’à se dire, de ses écrivains qui ne cherchent qu’à se lire, de son histoire millénaire qui ne cherche qu’à s’écrire…

Ce peuple est riche de son terroir, de ses traditions culinaires, vestimentaires, architecturales, chorégraphiques qui attendent d’être reportées…
Ce pays est riche de ses paysages, de sa faune, de sa flore qui méritent de se faire connaître, étudier et visiter…

Ce peuple est riche de son humour, de sa bonté, de sa générosité, de son courage et c’est faire preuve de masochisme que d’aller fouiner dans les  coins sombres de son quotidien pour lui étaler en leitmotiv ses divisions, générer ses révoltes en puisant sans vergogne dans ses impatiences…

Il est temps de repenser l’information pour qu’elle serve à construire un pays, non à le miner par ses silences complices, ses dérives obscurantistes ou ses assauts subversifs…

mardi 23 avril 2013

LA FRANCE DES DROITS DE L’HOMME ET LES DROITS BAFOUES DES SAHRAOUIS


L’Occident et la France ne défendent pas des valeurs, ils défendent des intérêts.

Les gros coups de gueule contre El Bachir et Assad, les menaces de TPI et le « chope-le ! » criés à Ocambo, ne proviennent pas d’une quelconque inquiétude pour la liberté du Darfour ou pour le droit des Syriens à se débarrasser de Bechar et à se  faire multipartistes comme les Libyens, les Tunisiens, les Yéménites et tous les autres Arabes qui se sont fait printaniser par BHL & Co…

Les silences devant les Malouines, la Palestine, les Rohyingas de Burma et les gros boucans devant l’Afghanistan, l’Iran, le Tibet montrent très clairement le caractère orienté de ces conceptions des droits de l’Homme.

L’une des causes qui dévoile le mieux cette ambigüité dans la perception de ces valeurs dont on a  fait un cheval de bataille après en avoir abusé à volonté en esclavagisant, colonisant, boycottant, défoliant, génocidant etc , est sans conteste la lutte que mènent les Sahraoui de l’ex Rio de Oro pour se libérer du joug marocain…

L’histoire de cette cause est aussi simple et claire que celles de tous les peuples colonisés, sa légitimité ne peut souffrir du moindre doute… Il y’avait un territoire et un peuple qui y vivait… le territoire fut spolié par les « conquistadors » espagnols à l’époque où  les pays occidentaux avaient organisé la ruée vers le Sud afin d’y  « civiliser » ses habitants… c’est du moins la version qu’on donne aujourd’hui à ce brigandage à grande échelle pour camoufler son ignominie.  Après l’avoir dûment « civilisé », l’Espagne s’en est retirée mais sans permettre aux Sahraoui de s’émanciper puisqu’elle a rétrocédé le territoire sans en référer à ses habitants, au Maroc, dans un marché aux clauses très peu soucieuses des droits des peuples… le territoire fut en effet abandonné au Makhzen,  contre l’abandon par ledit Makhzen de toute revendication sur deux enclaves qu’occupait et occupe l’Espagne à ce jour en ce pays…

Ce marché n’a tenu compte, ni de l’avis des Sahraouis du Rio de Oro ni de celui des Marocains des deux enclaves, un peu comme si ces territoires étaient des no-man’s land et que les Rois des deux pays avaient le droit d’en disposer comme de propriétés privées… Ceci mesure un peu le respect que l’Espagne et le Maroc accordent à ces peuples considérés comme simples occupants d’un espace ouvert à tout négoce…

Cette absence de toute considération  pour l’Homme et cette fixation exclusive sur ce que recèlent les terres et leurs prolongements maritimes en richesses et ce qu’elles offrent comme atouts stratégiques sont des constantes de l’occident, depuis le génocide des Incas et  des Apaches jusqu’à la ruée coloniale…

Mais si la réserve est de mise chez la plupart des pays occidentaux qui refusent de faire partie du problème tout en évitant de s’impliquer dans la recherche d’une solution, il n’en est pas de même de  la France qui  n’a jamais caché son penchant pour l’option annexionniste du royaume alaouite, fidèle en cela à son pêché mignon pour l’amalgame et l’ambigüité… et la gauche débridée qui lui tient la bride, contrairement à tout ce qu’on peut penser n’est ni moins vicieuse ni moins hargneuse que la droite mais seulement plus hypocrite et plus cynique en matière de défense du droit des peuples … Si on a vu de quelle manière la mère Fafa a géré les problèmes de la Côte d’ivoire, du Tchad, du Rwanda et de Centrafrique, on voit aujourd’hui,  avec quelle gymnastique sémantique, logistique et militaire elle défend la chose et son contraire en soutenant l’intégrisme en Syrie et en le combattant au Mali…

Le soutien sans équivoque que tous les pouvoirs en France, qu’ils soient de gauche ou de droite,  accordent à l’entreprise marocaine de recolonisation du Sahara Occidental constitue une autre de ces preuves que la France des grands mots sait très bien préserver ses amitiés douteuses quitte à bafouer tous ses principes déclarés et déclamés, quand il s’agit pour elle de préserver ce qu’elle conçoit comme ses chasses gardées et ses amitiés douteuses et intéressées… ce n’est pas nouveau ! On se souvient, pour l’exemple,  des safaris que se permettait un de ses présidents, des diamants qu’il se faisait offrir et peut être même des repas anthropophagiques qu’il aurait partagés avec l’empereur Bokassa 1er, ex-sous-officier de l’armée française…

Devant cette cause qui ne souffre pourtant d’aucune ambigüité sur sa justesse, sa légitimité et sa légalité au regard du droit universel, la France, habituellement si prompte à envelopper ses méfaits d’analyses et d’explications souvent emberlificotées pour passer la pilule ne s’embarrasse pas de justifications car elle sait qu’il lui sera impossible d’en trouver.  Cette réputée championne du respect de la légalité, manifeste un arrogant parti-pris pour le Maroc qui viole le principe consacré du respect des frontières héritées du colonialisme, le principe consacré du droit des peuples à l’autodétermination et celui du respect de droits de l’Homme et du citoyen dont la déclaration universelle fut faite, il faut le rappeler, en terre de France …

Si des doutes subsistent encore sur l’immense supercherie qui fait de la France un pays de la défense des droits de l’Homme,  ils sont aujourd’hui levés par son opposition déclarée à la décolonisation du Sahara Occidental et par le soutien qu’elle apporte aux options annexionnistes du Makhzen, soutien qui l’encourage à persévérer dans ses  exactions graves qu’il commet à ciel ouvert sur un peuple qui ne revendique que son droit à reprendre possession de sa patrie…

mercredi 17 avril 2013

LE LIVRE ENTRE A-CULTURE ET E-CULTURE


« Je crains l’homme d’un seul livre » disait St Thomas d’Aquin…

La sentence a été différemment interprétée. Certains ont compris une reconnaissance de  la puissance de tout homme qui maîtrisait parfaitement son sujet, d’autres l’ont interprétée comme une mise en garde contre toute personne qui ferait une  fixation obsessionnelle sur une seule passion …

Dans notre cas, ce n’est pas l’homme d’un seul livre que nous devons éviter, plaindre ou redouter  mais celui d’aucun livre !

Car l’homme d’aucun livre n’a ni base ni assise, ni principe ni projet, ni morale ni scrupules, ni passé ni avenir.

Dans un reportage réalisé par une télé privée et  largement repris par les réseaux sociaux, nous avons eu à nous farcir les têtes de lune de nos député(e)s  bégayant devant la question « quel est le dernier livre que vous avez lu ? »…

La plupart de nos gloutons leveurs de bras se sont échinés, l’index sur le menton ou se grattant la tête, à se souvenir d’un auteur ou d’un titre dont ils avaient vaguement entendu parler, afin de pouvoir étaler une culture qu’ils n’ont jamais eue. Ne pouvant s’en rappeler, et pour cause,  ils se sont esquivés par une réponse payante en ces temps de bigoterie en  lançant en forme d’Eureka : « le Coran »…

La journaliste qui eut l’idée de dévoiler cette f’dhiha a oublié un seul détail : les députés ne sont pas nés députés… Ils viennent à 80% du corps enseignant et à 20% du magma des autres catégories socioprofessionnelles.

Cette chaîne aurait était très bien inspirée d’aller questionner les enseignants en sit-in dans un de leurs innombrables et récurrents piquets de grève !... Elle nous aurait permis de savoir que ceux qui sont chargés de donner le goût de la lecture à nos enfants sont les derniers à se soucier de cette nourriture spirituelle…

Combien d’enseignants ont-ils, en effet,  lu le moindre livre, combien d’entre eux ont-ils crée, entretenu ou financé à l’instar des instructeurs d’antan des bibliothèques dans leurs écoles, combien ont donné à leurs élèves un livre à lire durant leurs vacances pour en faire l’exposé à la reprise des cours, combien de bouquins sont distribués en prix aux élèves méritants, à combien de potaches a-t-on  fait faire des voyages organisés à la foire du livre comme on leur fait faire les piquets d’honneur pour accueillir les « illustres hôtes » qui viennent en visite d’  « inspection et de travail »…

Triste constat…

Triste constat, à relativiser toutefois, en situant le livre dans son contexte culturel et en le comparant au cinéma, au théâtre, à la bande dessinée, à la peinture etc… pour se « rassurer » s’il y’a lieu, en se rendant compte que c’est toute la culture d’antan qui a f… l’camp sous les coups de boutoir d’une a-culture imposée par des interactions socio-économiques multiples qui ont instauré le principe de l’intérêt matériel comme unique souci vital pour l’ici-bas et celui du salut de l’âme comme seul objectif pour l’au-delà et classé toutes les passions autres qu’affairistes ou  religieuses comme pertes d’argent, de temps et d’énergie…

 Triste constat pour les rêveurs et nostalgiques de la beauté des choses qui voient la culture d’ antan laisser place à une e-culture débridée qui ignore la beauté du verbe,  l’odeur du papier, les feuilles écornées qui renvoient aux « arrêts sur image » de lectures passionnées… une e-culture qui boude la lecture et se f… pas mal de l’orthographe et de la syntaxe comme elle ne ressent rien devant le livre, sa beauté, son poids, sa symbolique…

Mais si le livre a fait les frais d’une révolution culturelle ou cultuelle, pourquoi diable les foires aux livres attirent elles encore tant de gens et font-elles encore recette pour les éditeurs et les organisateurs ?... Là aussi, il faut savoir faire les  discernements qui s’imposent… Le Livre en qualité de vecteur de culture universelle compte pour très peu dans ces manifestations où les étalages sont surchargés de volumes finement reliés dont peu de gens s’inquiètent du contenu car destinés à dormir dans les rayons des  bibliothèques de la frime et du m’as-tu-vu,  et des ouvrages exégétiques des chercheurs de foi qui n’ont pas compris que la vraie foi, celle qui s’accorde et rime avec sincérité, ne  se conjugue qu’au naturel et n’a pas besoin de tous ces artifices dont la revêtent les prêcheurs et autres interprètes des dogmes, qui en font un fonds de commerce juteux en n’arrêtant pas de vendre discours et  fatwas … des livres scolaires aussi qu’on achète par nécessité parce que le programme d’éducation l’exige… livres à la qualité douteuse et qui font la fortune de nombre d’auteurs et d’éditeurs coupables de délit d’initiés dans des affaires de choix de titres et de contenus qui finiront un jour par dévoiler des accointances qui n’ont aucune noblesse…

Le leurre des foules qui se bousculent devant les volumes entassés ne doit pas faire illusion. Le livre est à l’agonie, victime des attaques conjointes de  l’a-culture et l’e-culture mais aussi et surtout d’une politique privilégiant le conjoncturel au soutenu, l’effet spectacle à la tradition, l’éphémère au permanent… et favorisant superfétatoire et pédantisme.

Pour sauver le livre il faut l’aimer… pour l’aimer, il faut le lire…

LA REFORME DE L’ECOLE : UNE GAGEURE.


L’Ecole algérienne est aujourd’hui incontestablement sinistrée.

Livrée aux replâtrages que chaque ministre se fait un devoir de lui administrer sous le nom de réformes, elle ne sait plus quel programme enseigner, quelle méthode utiliser et surtout quel but elle vise.

Les traitements qu’elle subit sous la férule de ministres rebouteux  ne s’avèrent que cautères sur jambes de bois ; livrée à la médiocrité, cette école est aujourd’hui boudée par les enfants de ses propres servants qui voient en elle une pourvoyeuse de bras cassés ou, dans le meilleur des cas,  d’heureux lauréats auxquels elle n’aura fourni qu’un simulacre de connaissances sans consistances ni utilité mais qui auront désappris morale et éducation au contact de tout ce qu’elle renferme comme fléaux  qui ont pour noms tabagisme, drogue, intolérance  et perversions en tous genres…

Ses servants ont été recrutés pour la plupart  parmi ceux qu’elle a éjectés car pendant des décennies, l’enseignant était le moins gâté de tous les salariés, au point où on le donnait comme un exemple de misère. L’enseignement était alors le réceptacle de tous ceux qui n’avaient pu trouver une quelconque réussite sociale ou professionnelle ailleurs. L’élève avait généralement en face de lui un maître frustré qui avait été contraint de se faire dispensateur du savoir sans avoir ni la vocation ni la formation pour un métier si délicat : celui de modeleur d’esprits malléables à merci… Ce maître, pour se venger de cette école qui n’a pas su l’adopter, a fait de ses élèves des citoyens à son image : asociaux,  affairistes pour les besoins de la cause et les nécessités vitales et surtout rebelles à l’ordre et peu confiants en l’utilité même de ce qui leur était inculqué… ce qui a relativement sauvé l’école d’un naufrage programmé, fut l’insertion en masse de la femme dans ses rouages. Prédisposée à ce métier, elle assura un enseignement plus consciencieux et plus généreux en puisant dans ses réserves de stoïcisme, de sagacité et d’humanisme.

Cette situation n’a épargné aucun pallier parce que l’enseignant, qu’il fut instructeur, professeur ou maître de conférence n’avait ni statut, ni considération…

Mais le mal ne venait pas que des acteurs directs que sont les enseignants… l’école était administrée à l’emporte pièce par des fonctionnaires sans pouvoirs ni moyens, qui géraient les infrastructures et les hommes par leur seul volontarisme. La discipline était alors à l’image des lieux : toilettes sans entretien, cours délaissées, carreaux brisés… l’entretien et les dotations des écoles en moyens étant du ressort de la municipalité, celle-ci n’en faisait jamais sa priorité, laissant des établissements sans clôture, des classes sans fuel en plein hiver et des toits sans étanchéité, livrant les élèves aux rigueurs du climat et même à la menace des chiens errants…

A ce décor pas très reluisant pour un institution sensée dispenser la rigueur et l’esthétisme dans une ambiance de propreté et de sérénité, se sont ajoutées les errances des stratèges en tous genres qui, pour passer le temps ou pour montrer qu’ils avaient de la suite dans les idées, pondaient de nouvelles mesures pédagogiques à chaque rentrée augmentant à chaque année le poids du cartable dans la même proportion où ils diminuaient le savoir des écoliers et réussissant à abrutir des générations avec des programmes débilisants.

La conjonction de tous ces facteurs a eu pour effet de créer une école-laboratoire qui forma des zombies refusant l’autorité parentale et contestant les règles de discipline sociale. Le résultat est connu…

Dans un sursaut tardif, l’administration eut le réflexe de redorer le blason du maître pour redonner à l’école son importance et sa noblesse… elle se soucia parallèlement de réorganiser la prise en charge de la gestion de l’infrastructure et de l’élaboration des programmes…

Le salaire des enseignants quintupla littéralement en quelques années. Les écoles furent réhabilitées par des opérations spéciales et la rigueur fut instaurée dans leur gestion… les programmes furent revus et corrigés et on introduisit même, à assez appréciable échelle les nouvelles techniques de l’information que la plupart des élèves maîtrisent bien mieux que leurs maîtres car ils s’y sont investis en dehors des classes longtemps fermées aux ordinateurs et qui, sans se soucier des bouleversements que connait le monde en la matière, continuent encore à utiliser l’ardoise à l’ère des tablettes électroniques…  

Mais il est aléatoire de penser que quarante années de désinvolture, de bricolage et d’empirisme peuvent être corrigées par la seule injection de fonds, les marques de bonne volonté et les vœux pieux… Le mal de l’école algérienne est devenu systémique et elle ne pourra être sauvée que par l’adoption de mesures radicales, ce qui, à l’évidence, n’est pas dans les cordes des responsables qui ont leur part de responsabilité dans le marasme qu’elle vit et qui n’ont pas le courage politique de recourir à de vraies réformes et qui vont se contenter de réformettes vite dépassées par le temps ou outrepassées par un personnel peu enclin au changement et qui, conscient de sa puissance en ces temps débridés des bras de fer,  n’arrête pas de montrer ses biceps dans des grèves récurrentes où il ne réclame pas des conditions idoines de travail autant que l’amélioration de son salaire car l’appétit lui est venu en mangeant…

La révolution salvatrice qu’attend l’école ne peut être menée aujourd’hui, compte tenu aussi des résistances que manifesteront les forces politiques extérieures largement dominées par les idées rétrogrades et très largement représentées par les enseignants, car si l’école n’a pas réussi à développer le niveau de l’instruction de ceux qui la fréquentent, elle a été au-delà des espoirs de tous les modulateurs de conscience en les aidant à créer des moutons disposés à suivre tout Panurge faisant commerce de la langue, de la foi, de l’identité et depuis quelques temps, du régionalisme…